Plusieurs craignent que les régimes actuels de la responsabilité civile soient mal adaptés à l’intelligence artificielle (IA). Selon nous, il n’est cependant pas nécessaire de réformer le droit en vigueur pour résoudre le problème; préciser les conditions d’ouverture de ces régimes endiguerait l’essentiel des lacunes détectées. Pour ce faire, les normes de soft law constituent un filon intéressant à creuser. Si la doctrine en droit privé ne les connaît qu’accessoirement, les tribunaux les mobilisent pourtant souvent, sans toujours en avoir conscience. Il n’existe toutefois pas de méthode pour déterminer, parmi l’univers chaotique des normes de soft law, lesquelles méritent d’être réceptionnées judiciairement. Dans ce livre, nous avons œuvré à ce dessein. Nous avons ainsi formalisé les tenants et aboutissants de cette pratique judiciaire et avons dégagé, puis expliqué théoriquement, les facteurs jurisprudentiels utilisés pour apprécier ces normes. Ceux-ci constituent l’arrière-fond sur lequel nous avons élaboré un « fait générateur de responsabilité de gouvernance », solution que nous proposons en réponse à l’imprécision des régimes actuels de la responsabilité civile de l’IA. Le « fait générateur de responsabilité de gouvernance » équipe les juristes d’un cadre formel pour apprécier les normes de soft law à leur juste valeur. Il couvre ainsi bien plus de terrain que la seule responsabilité civile de l’IA. Les juristes universitaires trouveront dans cet ouvrage des pistes pour approfondir leurs réflexions sur le soft law, la responsabilité civile et l’IA, alors que celles et ceux qui pratiquent le droit pourront notamment y puiser des ressources pour travailler avec ces normes polymorphiques de soft law.
À propos de l'auteur
Guay, William
William Guay est doctorant en droit à l’Université d’Ottawa, avocat et chargé de cours à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke. Il détient un baccalauréat et une maîtrise en droit (mention d’excellence) de cette dernière université. Il a effectué un stage au Centre de recherche sur la régulation et le droit de la gouvernance (CrRDG). Il a reçu plusieurs prix pour le mémoire de maîtrise qu’il publie dans cette collection : Prix APDQ du meilleur mémoire de maîtrise en droit par l’Association des professeures et professeurs de droit du Québec, Prix Henri Capitant pour le meilleur mémoire en droit privé par l’Association Henri Capitant, section québécoise, et bourse La Personnelle du meilleur mémoire dans le cadre d’un programme de maîtrise en droit de l’Université de Sherbrooke.